L'Écho touristique : Hôtels, cafés, agences, transporteurs font face une pénurie d'employés. Quelles sont les solutions pour renforcer l'attrait des métiers du secteur ?
Christian Mantei : En préambule, je dirai que nous sommes entrés dans la crise avec la crainte légitime de ne pas retrouver nos clients voyageurs. Nous en sortons, nous retrouvons nos clients, mais nous avons perdu nos employés… La reprise est plus tôt et plus forte que prévu. Nous avons un an d'avance par rapport aux prévisions effectuées en début de pandémie, y compris dans l'aérien. Autre remarque, comme vous le soulignez, tous les profils d'entreprise qui incarnent le tourisme sont impactés. Au moins 300 000 postes sont vacants. D'autres pans de l'économie sont rattrapés par le même phénomène. Le risque, c'est une dégradation de la productivité, de l'offre disponible, voire de la qualité.
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Quelles solutions avons-nous ?
Christian Mantei : Les organisations professionnelles ont mis sur la table de nombreuses propositions. L'Umih, le GNI, le GNC, l'Unat, les Entreprises du Voyage ont montré une forte mobilisation sur le thème prioritaire de l'emploi. Au sein du gouvernement, Jean-Baptiste Lemoyne avait entamé des discussions à ce sujet avec Bruno Le Maire. Une campagne de promotion est prévue, pour inciter les Français à se tourner vers les métiers du tourisme. Il faudrait vite la déployer. L'attractivité passe également par une revalorisation des salaires*, de nouveaux horaires, de meilleures conditions de vie au travail. Nous sommes peut-être au milieu d'une révolution culturelle, où le collaborateur va compter autant que le client dans l'organisation de l'espace et l'architecture. En termes de design, de service, il s'agit de prévoir des locaux pratiques, confortables et beaux, pour que le salarié se sente bien dans l'entreprise. Comme les hôtels l'ont déjà fait, pour satisfaire les attentes des clients.
C'est aussi un travail à mener au niveau du territoire ?
Christian Mantei : Absolument. Nous disposons déjà de belles marques employeurs comme le Club Med, Accor, Pierre & Vacances. Nous devons aussi développer des marques territoriales employeurs, capables d'être attractives en termes de services, d'accessibilité, de qualité de vie.
Vous évoquiez la revalorisation des salaires et des services aux salariés. Le corolaire, c'est une hausse des prix pour les clients…
Christian Mantei : Entre les augmentations de salaires et l'inflation, oui, les prix vont augmenter. Mais, pour moi, un employé plus heureux au travail fournit un produit qui monte en qualité. C'est vertueux.
Nous sommes fin mai (lors de l'interview, NDLR) et nous n'avons toujours pas de ministre délégué, ni de secrétaire d'État au Tourisme. Déçu ?
Christian Mantei : Il faut sans doute attendre les législatives. J'en profite pour féliciter Jean-Baptiste Lemoyne - que les professionnels du tourisme souhaitent retrouver au même poste - pour son bon bilan. Les 40 milliards d'euros versés par l'État pendant la crise sanitaire ont permis de soutenir l'appareil de production du secteur
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