Pour faire face à la saturation de l'actuel aéroport de Lisbonne, le gouvernement du Portugal penche pour la construction dans un premier temps d'une deuxième infrastructure complémentaire, située sur la rive sud de l'estuaire du Tage, selon un décret publié mercredi.
Le gouvernement envisage "la construction de l'aéroport complémentaire" à Montijo, face à Lisbonne, où se trouve actuellement une base militaire, a précisé le secrétariat d'État aux infrastructures dans son décret. Sa mise en service est prévue en 2026 ou 2027, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier.
Pas d'évaluation environnementale
La décision annoncée mercredi implique que l'exécutif renonce à mener une évaluation environnementale qui devait comparer trois projets alternatifs et s'apprête à amender la loi qui donnait aux municipalités locales un droit de veto sur les décisions du gouvernement, a précisé cette source.
La solution proposée par le gouvernement, qui doit encore faire l'objet d'études techniques, "permettra d'apporter, à court terme, une réponse viable et optimisée", s'est félicité ANA, le gestionnaire des aéroports portugais.
Le gestionnaire est une filiale du groupe français Vinci et sera chargé de la construction de ces infrastructures. "C'est ANA qui paie l'aéroport, ce n'est pas l'État", a confirmé le ministre aux Infrastructures, Pedro Nuno Santos, dans un entretien à la télévision publique RTP. "Cela fait des années que le pays parle d'aéroports. Cela dure depuis trop longtemps. La décision est prise. Nous allons avancer", a-t-il souligné.
Un autre aéroport à Alcochete
En outre, l'exécutif socialiste souhaite d'ores et déjà commencer à planifier la construction d'un futur aéroport unique à Alcochete, également sur la rive sud du Tage, qui sera capable de remplacer l'actuel aéroport de Portela et celui de Montijo afin de desservir toute la région dans une douzaine d'années, lorsque le volume de trafic le justifiera.
"Alcochete offre une solution de long terme et dispose de l'espace pour grandir. Mais le problème c'est qu'il faut dix à treize ans" pour le construire, a expliqué Pedro Nuno Santos.
Ces projets doivent permettre de répondre "au problème de la capacité aéroportuaire (...) identifié depuis 2017 et qui reste urgent", a fait valoir le gouvernement dans son décret, en rappelant que la croissance du trafic de passagers avait progressé de 140% entre 2009 et 2019.
Problèmes de retards au Portugal
Avec la reprise du tourisme, l'aéroport de Portela, situé dans le nord de Lisbonne, est de nouveau régulièrement confronté à des problèmes de retards ou de longues files d'attente pour les passagers qui débarquent dans la capitale portugaise.
Rien qu'au mois d'avril, quelque 4,9 millions de passagers ont transité par l'aéroport, soit 6,5% de moins à peine par rapport à avril 2019, selon les derniers chiffres de l'Institut national des statistiques. Cette année-là, la fréquentation de l'aéroport avait atteint un record de 31 millions de passagers, avant de s'effondrer de près de 70% l'année suivante en raison de la crise sanitaire.
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